• Formes spectaculaires

    Cycle labyrinthique

    Minotaure

distribution

Chorégraphie : Richard Cayre
Interprète : Stéphane Léchit
Lumières : Guillaume Pons
Costumes : Richard Cayre
Scénographie : Richard Cayre / Guillaume Pons

 

 

arguments

Dans le labyrinthe intérieur inhérent à chaque individu, Thésée rencontre Astérios, le Minotaure, agglomérat de ses visages, peurs archaïques et pulsions fondamentales.
Sans chercher à le com-prendre ni même à le voir vraiment, il lui fracasse le crâne de sa massue, arme grossière, et quitte le labyrinthe par ruse et magie, grâce au stratagème du fil que l’on sait.
Thésée n’a pas compris que le Minotaure, comme tous les grands monstres, est une Porte.
Ne l’ayant pas compris, à aucun moment il ne recherche les serrures, ni ne cherche à forger les clefs d’une conscience élargie qui lui permettraient de traverser ses angoisses illusoires et de pénétrer dans un espace-temps neuf.
Astérios, littéralement « l’étoile », dit le Minotaure,
le Taureau de Poséïdon, puissance informe des origines liquides et des grandes profondeurs, unis à Minos, le père réel, trop petit pour assumer seul la dimension de Père.
Trois figures glissant éternellement de l’une à l’autre, les unes sur les autres.
Astérios, premier solo d’une série qui devrait interroger ce mythe fondateur qu’est le Labyrinthe, vient questionner la figure du Minotaure en tant que point de concrétion de nos angoisses archaïques. Seul interdit pour nous, la reproduction de la pirouette de Thésée. Nous ne chercherons pas à détruire artificiellement le Minotaure mais à comprendre sa nature de Porte et d’Etoile.
Dans l’obscurité, se font, se déforment et se défont les formes.
Passée l’agitation, l’oeil s’affine, scrute au coeur du noir et parvient à percevoir l’infiniment peu lumineux qui est encore un état lumineux.
Le noir total est une couleur qui n’existe pas.
La lumière est partout.


Richard Cayre

 

Quel est cet être monstrueux qui vit au coeur du Labyrinthe ? Je n’ai pu qu’accepter de devenir le voyageur qui ira à la rencontre de cet archaïque concrétion. Homme à tête de Taureau, figure mythique de l’animalité refoulée qu’il convient de ré intégrér en la dévorant soit même consciemment, et non pas en l’assommant par surprise avant de rebrousser chemin. Parvenir au centre du Labyrinthe, cœur des ténèbres intérieures pour y frapper du pied.

Mon itinéraire de danseur et d’être humain ne pouvait que passer par cette étape. Depuis maintenant quatre ans, de part la pratique du Buto, de techniques yogiques, de techniques vocales spécifiques ainsi que de l’apprentissage du BMC et de l’étude des processus biologiques et cognitifs, je développe une technique d’enfouissement psycho-corporelle qui me permet de contrôler de plus en plus finement ce que certains appellent des états modifiés de conscience, et que l’on retrouve notamment dans les pratiques spirituelles pré-chrétienne. Transe, voyage shamanique, « danse obscure » pour citer H.Michaud. A la manière d’un apnéïste descendre dans l’inconscient de plus en plus profond tout en l’intégrant, l’oeil de la perception grand ouvert afin de pouvoir en témoigner après être remonté à la surface. Trouver la Lumière du Tartare sous le Royaume de Neptune. Pour soi, pour les autres.


Stéphane Léchit

 

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